Le scénario se répète d’un voyage à l’autre. Trois maillots neufs pliés au fond de la valise, une crème solaire attrapée en pharmacie la veille du départ, des baskets de ville « qui feront bien l’affaire ». Puis, le troisième jour, un coup de soleil en bande sur le bas du dos après une heure de masque et tuba, et une descente boueuse sur les pentes de la Soufrière à glisser à chaque pas. La Guadeloupe ne réclame pas une grosse valise, mais elle sanctionne vite les approximations.
Le maillot compte moins que ce qu’on porte par-dessus
On passe beaucoup de temps à choisir ses maillots de bain et très peu à penser au reste. Sous ces latitudes, l’indice UV atteint pourtant des niveaux qualifiés d’extrêmes en milieu de journée, même quand le ciel est voilé. Le dos et l’arrière des cuisses brûlent les premiers, parce qu’on ne les sent pas quand on flotte la tête dans l’eau à suivre un poisson-perroquet.
La pièce qui change le séjour, c’est le tee-shirt anti-UV, le « lycra » des surfeurs, à manches longues de préférence. Il sèche en quelques minutes, protège sans qu’on ait à se badigeonner toutes les deux heures et rend les sorties de snorkeling bien plus confortables, par exemple autour des îlets Pigeon, au large de la plage de Malendure à Bouillante.
Côté maillots, deux ou trois suffisent pour une semaine, à condition de les rincer à l’eau douce chaque soir. Un modèle sportif qui tient en place dans les vagues rendra plus de services qu’un troisième modèle décoratif.
La crème solaire choisie sans lire l’étiquette
Les récifs coralliens des Antilles souffrent déjà du réchauffement de l’eau, et certains filtres chimiques sont soupçonnés d’ajouter à ce stress. L’oxybenzone et l’octinoxate sont les plus souvent cités, au point qu’Hawaï a interdit la vente des crèmes qui en contiennent depuis 2021. Avant de partir, mieux vaut donc retourner le tube et privilégier les filtres minéraux, oxyde de zinc ou dioxyde de titane. Les mentions « reef safe » ou « respectueux des océans » imprimées en gros sur l’emballage, elles, ne reposent sur aucune définition officielle.
La meilleure crème reste celle qu’on n’a pas besoin d’étaler. Avec un lycra et un chapeau, la surface à couvrir se limite au visage, aux mains et aux jambes. Appliquée une vingtaine de minutes avant la baignade, elle a le temps de pénétrer au lieu de laisser un film irisé à la surface de l’eau. Une fois dans l’eau, on ne pose ni les pieds ni les mains sur le corail : un appui malheureux casse en une seconde ce qui a mis des années à pousser.
Des baskets de ville pour la Basse-Terre
La Basse-Terre est une montagne tropicale humide. Les sentiers qui montent vers la Soufrière, point culminant des Petites Antilles à 1 467 mètres, sont souvent détrempés et ravinés, glissants sur la roche volcanique, et les hauteurs passent une bonne partie de l’année dans les nuages. On y a froid, au sens propre, quand on arrive trempé de sueur et que le vent se lève.
Dans le sac de randonnée, quelques affaires font la différence :
- des chaussures de marche légères à semelle crantée, déjà portées avant le départ ;
- des sandales de rivière ou des chaussures d’eau pour les passages à gué et les galets ;
- un coupe-vent imperméable qui se roule dans une poche ;
- un tee-shirt sec et des chaussettes de rechange dans un sac étanche, pour la redescente.
Un point plus sérieux, enfin. Les rivières de Basse-Terre peuvent monter en quelques minutes quand il pleut en amont, y compris sous un ciel bleu à l’endroit où l’on se baigne. Si l’eau se trouble, change de couleur ou charrie des feuilles, on sort sans discuter.
Les soirées, les moustiques et ce que fournit le logement
Le soir, le souci n’est plus le soleil mais les moustiques, qui transmettent ici la dengue. Une chemise légère à manches longues et un pantalon de lin protègent mieux qu’un troisième flacon de répulsif.
Avant de boucler la valise, regardez aussi ce que prévoit votre hébergement. Sur les fiches des villas en Guadeloupe proposées par Villaveo, le linge de maison figure parmi les services annoncés : inutile alors d’emporter draps et serviettes de toilette, et autant de place libérée pour les chaussures de marche. Les serviettes de plage, en revanche, ne font pas toujours partie du linge fourni : posez la question avant de partir, et à défaut, emportez une fouta en coton, plus légère et plus rapide à sécher qu’une serviette éponge.
Dans le bagage cabine, glissez enfin un maillot, le lycra et la crème. Une valise peut rester un jour de plus à l’aéroport de départ, et la mer, elle, n’est jamais très loin de celui de Pointe-à-Pitre.
